Un clarinettiste qui dérape avec la Rhapsody in Blue de Gershwin
Les plus beaux moments

Rhapsody in Blue

Gershwin présente les plus beaux moments de l'œuvre « Rhapsody in Blue »
Je suis George Gershwin, et je t'invite à écouter les meilleurs moments de ma Rhapsody in Blue. Tu vas découvrir pourquoi la création de février 1924 garde son mystère : j'ai improvisé une partie du piano, et personne ne sait ce que j'ai joué ce soir-là. Sur ce site, mes confrères compositeurs et moi t'apprenons aussi à reconnaître nos œuvres quand tu les entends, alors  tente l'entraînement  et vois ce que ça donne.
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Un bâillement qui monte au ciel

Je commence par un long glissando de clarinette qui s'élève comme un énorme bâillement, et je te avoue que je ne l'avais pas prévu du tout. C'est le clarinettiste Ross Gorman qui s'amusait ainsi pendant une répétition, et je lui ai demandé de le garder, un peu comme on adopte un chat qui est entré par la fenêtre.

Le buffet du milieu

Au milieu, je laisse retomber la tempête et je pose une grande mélodie chantante, centrée sur do majeur, comme une longue respiration après le tumulte. Leonard Bernstein, qui aimait pourtant beaucoup l'œuvre, a dit plus tard qu'on pouvait déplacer ou couper certains morceaux sans dommage, ce qui fait de ma Rhapsody in Blue une sorte de buffet où chacun se sert comme il veut.

Le piano et le trou de mémoire collectif

Pour la fin, je ramène tout le monde en si bémol majeur, là où nous étions partis, et l'orchestre conclut avec un éclat qui ressemble à un feu d'artifice bien rangé. À la création, en 1924 à l'Aeolian Hall, je n'avais pas tout écrit pour le piano et j'ai improvisé une partie, si bien que personne ne sait exactement ce qui a été joué ce soir-là, ce qui est très pratique quand on veut avoir tout joué à la perfection.
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Alors, as-tu aimé découvrir avec moi les plus beaux moments de Rhapsody in Blue ? Je l'espère, car cette musique a encore bien des choses à raconter. Quand j'y repense, je suis toujours surpris que tout soit parti d'un concert intitulé « An Experiment in Modern Music », où personne ne savait vraiment ce qui allait se passer. Ce soir-là, en février 1924, j'ai joué moi-même au piano, et une partie de ma partie n'était pas entièrement écrite. Personne ne sait donc aujourd'hui ce que le public a entendu exactement, et je trouve que ce petit mystère fait partie du charme. Il reste d'ailleurs bien d'autres aspects de Rhapsody in Blue à explorer. Tu peux t'intéresser au travail de Ferde Grofé, qui a orchestré la pièce, ou à la façon dont elle a voyagé au cinéma et jusque dans la publicité. Tu peux aussi comparer les différentes versions, de l'orchestre de jazz de 1924 à la version symphonique de 1942. Chaque écoute change un peu la couleur de l'œuvre, selon l'humeur du moment. Si tu as envie d'aller plus loin, je t'invite à cliquer sur les liens proposés sur cette page pour poursuivre ton exploration de Rhapsody in Blue. Prends ton temps, laisse la musique te surprendre, et reviens quand tu veux.

Enregistrement : Paul Whiteman Orchestra with George Gershwin, piano, Public domain