Un balcon à Vérone avec le Romeo & Juliet de Prokofiev
Les plus beaux moments

Romeo and Juliet, Op. 64, ballet in four acts

Prokofiev présente les plus beaux moments de l'œuvre « Romeo & Juliet »
Bonjour, je suis Prokofiev, et je te présente ici les plus beaux moments de mon Romeo & Juliet. Tu y entendras Death of Tybalt, un duel frénétique qui s'achève sur quinze coups sourds de l'orchestre, puis sur une marche funèbre saisissante. Sur ce site, mes confrères et moi t'apprenons aussi à reconnaître nos pièces dès qu'elles résonnent, alors  tente l'entraînement  quand tu veux.
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Un accord qui ne vient pas pour la bonne ambiance

Pour ouvrir Dance of the Knights, je fais sonner un accord énorme qui empile dix des douze notes possibles, et tu peux le prendre pour la colère du prince, comme si quelqu'un renversait tout le buffet de la cuisine d'un coup. Ensuite les cuivres graves installent une basse lourde qui avance au pas, et tu comprends que la famille Capulet entre au bal sans la moindre intention de passer inaperçue.

Chut, tout le monde dort (ou presque)

Dans Balcony Scene, je commence par la nuit elle-même, avec la harpe et les violons en sourdine qui posent un tel silence qu'on n'oserait pas tousser. Roméo arrive tout doucement aux cordes, puis Juliette lui répond par une flûte pleine de grâce, ce qui est une façon très polie de se dire bonsoir quand on devrait être au lit.

Un lendemain de noces qui tourne mal

Pour Death of Tybalt, je lance une musique rapide et frénétique, avec des timbales qui grondent et un solo de cornet, alors que Roméo et Juliette viennent à peine de se marier en secret. Mercutio transforme d'abord le duel en danse presque comique avant d'être poignardé, et je trouve que c'est une belle leçon : on peut plaisanter jusqu'au dernier moment, mais pas un instant de plus.
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Voilà, nous sommes arrivés au bout de ce petit voyage, et je me demande si tu as aimé découvrir avec moi les plus beaux moments de Romeo & Juliet. Quand j'écris cette musique en 1935, je ne sais pas encore qu'elle connaîtra un parcours aussi mouvementé. On la juge d'abord impossible à danser, et pourtant elle trouve peu à peu son chemin, d'abord dans mes suites pour orchestre, puis sur scène, à Leningrad, en janvier 1940. Je trouve cela assez réconfortant : une musique qu'on met de côté peut très bien revenir, et revenir plus forte. Si tu repenses à l'accord brutal de Dance of the Knights, puis à la douceur de la nuit dans Balcony Scene, tu entends tout ce que j'ai voulu mettre dans cette partition, la haine et la tendresse qui se côtoient jusqu'à la fin. Et ce n'est pas tout, car il reste encore beaucoup de choses à explorer dans Romeo & Juliet. Il y a le duel où Mercutio fait de son combat une danse presque bouffonne, la marche funèbre qui le suit, les différentes suites, ou encore la façon dont l'histoire se termine. Chaque fois que tu y reviens, tu remarques un détail que tu n'avais pas entendu. Si l'envie te prend d'aller plus loin, clique sur les liens que je te propose ci-dessous : ils t'invitent à poursuivre l'exploration de Romeo & Juliet, à ton rythme. Je serai ravi de t'y retrouver.