Croisière sur la Tamise avec la Water Music de Handel
Hornpipe
Water Music, HWV 348–350

Bonjour, c'est Handel, et je vais t'expliquer le mouvement Hornpipe de ma Water Music. Tu vas entendre comment les cordes lancent un thème de danse plein d'entrain avant que les cuivres ne leur répondent avec éclat dans un jeu de questions et réponses réjouissant. Mes amis compositeurs et moi t'aidons aussi sur ce site à reconnaître nos morceaux quand ils passent, alors n'hésite pas à essayer l'entraînement !
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Les cuivres prennent le large
Pour bien écouter mon Hornpipe, prête surtout attention au jeu de ping-pong entre les cordes et les cuivres qui s'amusent à se relancer sans arrêt. J'ai mis les violons en première ligne pour lancer le thème principal, pendant que les hautbois et le basson soutiennent l'ensemble avec entrain. Mais le vrai spectacle commence dès que les cuivres entrent en scène avec leurs appels éclatants qui traversent l'air du soir sans le moindre effort. Qu'on écoute la version en fa majeur avec les cors ou la célèbre Alla Hornpipe en ré majeur avec les trompettes, on a vite l'impression d'assister à un concours d'éloquence très joyeux sur le pont du bateau.Une danse de marin en habit de cour
Si j'ai appelé ce mouvement Hornpipe, c'est tout simplement parce que je me suis inspiré d'une danse anglaise traditionnelle très vive qui porte ce nom. Dans ma Water Music, j'en ai d'ailleurs glissé deux versions très proches à trois temps : l'une dans la première suite en fa majeur et l'autre, la fameuse Alla Hornpipe, dans la deuxième suite en ré majeur. J'ai gardé toute l'énergie bondissante de cette danse populaire avec ses rythmes syncopés en fin de phrase qui donnent immédiatement envie de taper du pied. Bien sûr, je lui ai offert une tenue un peu plus royale pour que les invités du roi puissent en profiter sur la Tamise sans risquer de passer par-dessus bord.Un aller-retour bien pensé
Pour organiser ce Hornpipe, j'ai choisi ce qu'on appelle une forme ternaire da capo, une structure en trois parties aussi simple qu'efficace. Le principe ressemble un peu à une promenade en barque où l'on part d'un quai animé, on traverse un coin plus paisible, puis on revient exactement à son point de départ. Concrètement, je commence par une première partie très brillante, j'enchaîne avec une section centrale tout en contraste, et je demande aux musiciens de rejouer le début pour finir en beauté. Je vais maintenant te faire visiter chacune de ces trois étapes d'un peu plus près pour que tu puisses suivre le parcours les yeux fermés !Partie 1 : Fanfares et grands éclats
Dans cette première partie au rythme vif à trois temps, ce sont les cordes qui ouvrent la marche avec une mélodie pleine de panache et de traits rapides. Presque aussitôt, les cuivres leur répondent du tac au tac par de grandes fanfares éclatantes, comme s'ils voulaient s'assurer que même les poissons au fond de l'eau profitent du concert. J'utilise ici des rythmes syncopés au moment des cadences, ce qui crée un petit rebond plein d'esprit à la fin des phrases musicales. Toute cette section déborde d'une telle énergie que la version en ré majeur a même servi bien plus tard, de 1959 à 1988, d'indicatif à la chaîne britannique Anglia Television.Partie 2 : Une parenthèse à l'ombre
Pour la deuxième partie, je laisse les cuivres reprendre leur souffle un instant et je confie la musique uniquement aux cordes et aux bois. Je fais aussi basculer la pièce dans le ton relatif mineur, ce qui adoucit aussitôt l'atmosphère et apporte une couleur un peu plus intime au milieu de la fête. Le rythme garde son allure vive avec de jolies figures rapides qui courent d'un pupitre à l'autre, mais le volume sonore devient beaucoup plus léger. C'est un peu comme si notre barque passait quelques instants sous le feuillage d'un grand saule avant de retrouver le plein soleil.Partie 3 : Tout le monde sur le pont
La troisième partie est le fameux retour da capo, où je ramène la tonalité majeure d'origine et toute la troupe au grand complet. Les cordes relancent fièrement notre thème du début et les cuivres reviennent à la charge avec leurs appels triomphants qui résonnent de plus belle. Après la délicatesse du passage central en mineur, ce retour en force paraît encore plus lumineux et festif qu'à la première écoute. On termine ainsi dans une ambiance de fête royale qui explique pourquoi cette musique a fini par accompagner la Electrical Water Pageant de Walt Disney World depuis 1971 !À toi de monter à bord
Maintenant que tu connais tous les secrets de fabrication, je t'invite à écouter ce Hornpipe par toi-même. Lance la musique et laisse-toi embarquer par le mouvement des cordes et l'éclat des cuivres. En tendant l'oreille, essaie de repérer ce fameux dialogue et le petit détour plus doux au milieu du morceau dont je viens de te parler. J'espère que cette traversée musicale te donnera autant de plaisir que j'en ai eu à la composer !---
Alors, est-ce que tu as aimé plonger dans les coulisses du Hornpipe de ma Water Music ? Cette danse pleine d'élan n'est pourtant qu'une escale, et ma Water Music cache encore bien des surprises au fil de ses trois suites. Si tu as envie de prolonger la traversée avec moi, je t'invite à cliquer sur les liens de cette page pour explorer tout le reste de l'œuvre !
