Un soupirant discret avec la Serenade (Ständchen) de Schubert
Les plus beaux moments
Ständchen ("Leise flehen meine Lieder"), No. 4 of Schwanengesang, D. 957

Je suis Franz Schubert, et je te présente les meilleurs moments de ma Serenade (Ständchen). Tu vas entendre ce chant d'amour que j'ai écrit en août 1828 sur un poème de Ludwig Rellstab, et comprendre pourquoi il supplie tout bas au lieu de chanter à pleine voix. Ici, mes collègues compositeurs et moi t'apprenons aussi à reconnaître nos pièces quand tu les entends, alors essaie l'entraînement dès maintenant.
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Une guitare qui n'a pas de guitare
Quand j'ouvre ce Ständchen, je demande au piano d'imiter une guitare ou une mandoline, les instruments habituels de toute sérénade qui se respecte. Mais nous sommes en ré mineur, alors la nuit n'a rien d'une douce soirée de vacances : on sent surtout quelqu'un d'inquiet et plein de désir, et le piano gratte des cordes qu'il n'a même pas.
Une lampe allumée en pleine nuit
Au milieu, je fais passer la musique du ré mineur au ré majeur, et c'est comme si quelqu'un venait d'allumer une lampe dans la pièce. Le poète y espère enfin retrouver celle qu'il aime, et j'ai mis les troisième et quatrième strophes sur la même musique, comme on répète sa demande quand on n'est pas sûr d'avoir été entendu.
Retour à la case grisaille
Pour la dernière strophe, je change de musique, mais je ne rends pas pour autant le sourire au poète, puisque la chanson se referme en ré mineur. Personne ne saura jamais si la fenêtre s'est ouverte, et je préfère ça : je laisse la question en suspens, comme une porte entrouverte dans la nuit.
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Voilà, nous arrivons au bout de ce petit voyage nocturne, et je me demande si tu as aimé découvrir les plus beaux moments de ce Ständchen. J'espère que tu entendras désormais cette mélodie un peu autrement, avec cette inquiétude tendre qui se cache derrière chaque phrase. Je l'ai écrite en août 1828, dans la dernière année de ma vie, et il me plaît de penser qu'elle continue de chanter bien après moi. Il reste pourtant beaucoup à explorer dans cette page de Schwanengesang. Tu peux par exemple te pencher sur le poème de Ludwig Rellstab, sur la manière dont Liszt l'a transcrit pour piano seul, ou sur toutes les autres versions qu'on en a faites, jusqu'à la guitare. Je t'invite donc à cliquer sur les liens proposés pour poursuivre ta découverte de ce Ständchen. Et si, un soir, tu entends quelqu'un chanter doucement sous une fenêtre, tu sauras ce qu'il y a derrière sa voix.
Enregistrement : Lauritz Melchior (tenor), Ignace Strasfogel (piano), https://creativecommons.org/publicdomain/mark/1.0/
