Une dédicace biffée avec la Symphony No 3 "Eroica" de Beethoven
IV. Finale. Allegro molto
Symphony No. 3 in E-flat major, Op. 55

Je suis Ludwig van Beethoven, et je vais t'expliquer le mouvement IV. Finale. Allegro molto de ma Symphony No 3 "Eroica". Tu y entendras la musique ralentir soudain dans un Poco andante plein de tendresse, avant qu'une coda très rapide ne referme la symphonie, et ce contraste mérite largement ces quelques minutes. Sur ce site, nous t'apprenons aussi, mes confrères compositeurs et moi, à reconnaître nos œuvres dès que tu les entends : lance-toi dans l'entraînement !
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Mode d'emploi pour oreilles curieuses
Pour écouter IV. Finale. Allegro molto, tu n'as qu'une seule mission : reconnaître un petit thème et le suivre partout où il va. Les cordes portent l'essentiel du récit, et elles présentent ce thème d'abord très dépouillé, avant de l'habiller peu à peu. Les flûtes, les hautbois, les clarinettes et les bassons le reprennent ensuite à tour de rôle, chacun avec sa couleur, comme des voisins qui se passent la même histoire de balcon en balcon. Les trois cors, les deux trompettes et les timbales donnent la force et l'éclat, et tu les remarqueras surtout quand la musique s'emballe vers la fin.Pourquoi ce titre-là
Le mot « finale » dit simplement que c'est le dernier des quatre mouvements, celui qui doit refermer toute la symphonie. Quant à « Allegro molto », c'est ma façon de t'indiquer qu'il faut aller très vite, avec une énergie qui ne laisse pas retomber l'élan des mouvements précédents. Je tenais à finir sur un thème que j'aimais déjà, celui de ma Contredanse WoO 14 No. 7, que j'avais aussi repris dans mes variations pour piano Op. 35. Le titre annonce donc une conclusion rapide, mais il cache une vieille connaissance que je voulais mener beaucoup plus loin.Ni sonate ni rondo, quelque chose de plus malin
Pour ce finale, j'ai choisi la forme des variations en mi bémol majeur : un même thème revient sans cesse, mais jamais avec le même visage. Je n'ai pourtant pas voulu m'arrêter là, et j'y ai glissé des passages fugués, où les voix se poursuivent comme dans une course de relais. Le mouvement dure entre 9 et 13 minutes et compte plus de 400 mesures, avec trois indications de tempo : Allegro molto, Poco andante, puis Presto. Je te propose donc de le parcourir en quatre sections, et je les prends une par une dans les paragraphes qui suivent.Section 1 : Le thème sort de sa coquille
Tout commence en Allegro molto, par une envolée rapide des cordes qui ressemble à un rideau qu'on arrache. Le thème arrive alors presque nu, si discret que tu pourrais le manquer, et c'est exactement ce que je veux : que tu apprennes à le reconnaître avant qu'il se déguise. Les premières variations le chargent peu à peu de nouveaux instruments et de nouvelles couleurs, et le climat reste vif et joyeux. La tonalité d'ensemble demeure mi bémol majeur, ce qui donne à ce début un air de maison où l'on se sent chez soi.Section 2 : Le thème fait de la fugue
Au milieu du mouvement, j'introduis une fugue, c'est-à-dire que plusieurs voix entrent l'une après l'autre en se courant après. Le ton change alors d'allure : c'est plus serré, plus tendu, et je voulais que l'on sente le thème travailler, presque transpirer. Tu peux t'amuser à compter les entrées, car chaque instrument qui se joint à la poursuite ajoute une couche d'énergie. Cette section montre que mon petit thème de contredanse sait aussi se montrer sérieux quand il le faut.Section 3 : Le thème prend un grand bol d'air
Vient ensuite le Poco andante, où le tempo ralentit nettement après toute cette course. L'ambiance devient chantante et presque recueillie, comme si la musique s'asseyait un instant pour reprendre son souffle. C'est le moment le plus doux du finale, et il donne tout son prix à ce qui va suivre. Écoute bien cette pause, car elle fait le lien entre l'effort de la fugue et l'explosion finale.Section 4 : Presto, et on ne pose plus de questions
La dernière section, la coda, passe en Presto, le tempo le plus rapide de tout le mouvement. Après le calme du Poco andante, le contraste est franc : l'orchestre se lance à toute vitesse et ne regarde plus en arrière. Les cors, les trompettes et les timbales y trouvent enfin toute leur place, et l'on sent la symphonie entière courir vers sa conclusion. Le mouvement se termine ainsi sur une joie éclatante, après avoir fait passer le même petit thème par la fête, l'effort, le recueillement et l'élan.À toi de jouer
Maintenant, je t'invite à écouter IV. Finale. Allegro molto par toi-même. Appuie sur lecture et laisse la musique t'emporter sans chercher à tout comprendre dès la première fois. Pendant que tu écoutes, repense peut-être à ce que nous venons de dire : le thème d'abord discret, la fugue, la pause du Poco andante et le Presto final. J'espère que tu vivras ce voyage avec autant de plaisir que j'en ai eu à le composer !---
Voilà, nous voilà au bout de IV. Finale. Allegro molto de ma Symphony No 3 "Eroica", et je me demande si tu as pris plaisir à découvrir ce guide d'écoute. Ce thème que j'avais déjà confié à un ballet, puis à des variations pour piano, prend ici sa forme la plus ample, et j'espère que tu l'entendras désormais d'une oreille neuve. Il reste pourtant bien des choses à explorer dans ma Symphony No 3 "Eroica" : son histoire, ses autres mouvements, et tout ce qu'une seconde écoute peut encore révéler. Clique sur les liens proposés ici pour poursuivre ton exploration de ma Symphony No 3 "Eroica", et prends tout ton temps, car cette musique ne s'épuise pas en une seule écoute.
