Une lettre à Alma avec la Symphony No 5 de Mahler
II. Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz
Symphony No. 5 in C-sharp minor

Je m'appelle Mahler, et je vais t'expliquer le deuxième mouvement de ma Symphonie n° 5, le Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz. Tu vas entendre en la mineur un soupir venu du premier mouvement, puis un thème agité, et un choral triomphant en ré majeur qui se défait pour retomber dans le tragique. Sur ce site, mes collègues compositeurs et moi t'aidons aussi à reconnaître nos œuvres dès que tu les entends, alors pourquoi ne pas tenter l'entraînement dès maintenant ?
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Comment écouter une tempête sans parapluie
Je te conseille de garder l'oreille sur deux choses : les cordes, qui s'agitent presque sans répit, et les cuivres, qui viennent éclairer le ciel quand le moment est venu. Reconnais d'abord ce soupir qui arrive tout droit du premier mouvement, car c'est lui qui relie cette tempête à la marche funèbre que tu viens d'entendre. Ensuite, laisse l'orchestre se déchaîner sans chercher à tout suivre, parce qu'on n'a pas besoin de compter les notes pour sentir la houle. Ton seul travail d'auditeur consiste à guetter l'éclaircie, puis à remarquer qu'elle ne s'installe pas aussi longtemps qu'on l'espérait.Un titre qui ne laisse aucun doute
Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz veut dire « orageusement agité, avec la plus grande véhémence », et je n'ai pas cherché de formule plus douce. Je voulais que chaque musicien comprenne dès la première ligne qu'il ne s'agit pas d'une promenade de santé. Après une marche funèbre qui avance avec retenue, il fallait que la douleur contenue finisse par éclater. Ce titre est donc autant un mode d'emploi qu'une description : on joue avec tout ce qu'on a, et toi, tu écoutes de la même façon.Une forme qui suit l'histoire, et non l'inverse
Pour la forme de ce mouvement, je ne voulais pas enfermer cette tempête dans une boîte toute faite. Je l'ai construit comme un récit en quatre étapes : le soupir qui revient, l'agitation qui prend le dessus, la lumière qui surgit, puis la retombée. Tout cela se joue en la mineur, avec une grande clarté en ré majeur au beau milieu de l'orage, et l'ensemble dure environ quinze minutes. Je ne fais ici que te les montrer du doigt, car je vais maintenant les prendre une par une, et je te promets que le voyage en vaut la peine.Section 1 : Le soupir revient frapper à la porte
Le mouvement s'ouvre sur un soupir que tu as déjà entendu dans le premier mouvement, comme si le deuil n'avait pas fini de parler. Il est court, il retombe, et il laisse derrière lui une inquiétude qui ne demande qu'à grandir. Nous sommes en la mineur, une tonalité sombre qui convient bien à cette humeur où rien n'est encore réglé. Retiens bien ce petit geste, car il sert de graine à tout ce qui va suivre.Section 2 : L'orage prend ses aises
Vient alors le premier thème agité, qui arrive en rafales et ne laisse à personne le temps de souffler. Les cordes tourbillonnent, l'orchestre entier s'en mêle, et la musique avance par à-coups, comme un vent qui change sans cesse de direction. C'est ici que le mot Vehemenz de mon titre prend tout son sens, car aucune note ne cherche à s'excuser d'être là. Ne t'inquiète pas si tu te sens un peu bousculé : c'est exactement l'effet que je recherchais.Section 3 : Le soleil perce enfin, en ré majeur
Au milieu du tumulte, un choral triomphant apparaît en ré majeur, et l'atmosphère change d'un coup. Après tant de nuages, cette clarté a quelque chose de presque solennel, comme une grande porte qui s'ouvrirait sur le jour. Les cuivres y portent une promesse, celle que le chemin de l'ombre peut déboucher sur quelque chose de lumineux. Garde ce choral en mémoire, parce que je le ferai revenir bien plus tard, dans le finale de la symphonie.Section 4 : La lumière s'éteint, le drame reprend
Hélas, cette victoire ne tient pas, et le choral se défait peu à peu pour retomber dans la matière tragique du début. J'aurais pu terminer sur ce moment radieux, mais le chagrin ne disparaît pas sur un simple claquement de doigts. L'humeur redevient sombre, les rafales reviennent, et le mouvement s'achève sans que rien ne soit encore réellement résolu. C'est pourquoi la suite de la symphonie a tant de chemin à faire pour trouver sa lumière, et c'est aussi ce qui la rend si émouvante.À toi de te laisser emporter
Je t'invite maintenant à vivre ce mouvement par toi-même : appuie sur lecture et laisse la musique t'envelopper. Pendant que tu écoutes, repense à ce que nous avons dit, au soupir, à l'orage et à ce choral en ré majeur qui perce un instant les nuages. Tu n'as rien à comprendre à l'avance, il te suffit de te laisser porter et de remarquer ce qui te touche. J'espère que ce voyage à travers mon Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz te fera vibrer autant que j'ai vibré en l'écrivant !---
Alors, as-tu aimé découvrir avec moi ce deuxième mouvement, Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz, de ma Symphonie n° 5 ? Je l'espère, car j'y ai mis une tempête qui s'éclaircit un instant, avant de retomber dans l'ombre. Quand tu le réécouteras, tu reconnaîtras peut-être plus vite le soupir venu de la marche funèbre, puis le choral en ré majeur qui se défait au moment où il semblait vouloir triompher. Et ce n'est qu'une partie du chemin, car ma Symphonie n° 5 a encore beaucoup à t'offrir. Il y a le Scherzo, qui change complètement d'humeur, puis l'Adagietto, que j'ai dédié à Alma, et enfin le Rondo-Finale, où revient ce choral que tu viens d'entendre. Si l'envie te prend d'aller plus loin, clique sur les liens que je te propose ici pour continuer à explorer ma Symphonie n° 5 à ton rythme.
