Une lettre à Alma avec la Symphony No 5 de Mahler
Les plus beaux moments

Symphony No. 5 in C-sharp minor

Mahler présente les plus beaux moments de l'œuvre « Symphony No 5 »
Je m'appelle Mahler, et voici les plus beaux moments de ma Symphonie n° 5. Tu vas entendre l'Adagietto, que j'ai dédié à Alma : des cordes et une harpe seulement, qui naissent du silence et chantent avec la plus tendre sincérité. Mes collègues compositeurs et moi t'apprenons aussi, sur ce site, à reconnaître nos œuvres dès les premières notes, alors viens  essayer l'entraînement  pour voir si tu me reconnais.
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Une trompette qui connaît Beethoven

Je commence ma Cinquième par une trompette toute seule, qui joue le même petit rythme que celui de la Cinquième de Beethoven, et je te laisse deviner si c'est un hommage ou un emprunt. Ensuite la marche funèbre s'installe en do dièse mineur, marquée « comme un cortège », et même quand un passage plus calme l'interrompt deux fois, elle revient chaque fois, comme un invité qui a oublié son manteau.

Le mouvement qui a mal dormi

Pour le deuxième mouvement, je note Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz, ce qui veut dire « orageux et agité, avec la plus grande véhémence », et personne ne pourra dire que je ne l'avais pas annoncé. Un soupir venu du premier mouvement revient, puis le premier thème s'agite autour de lui en la mineur, un peu comme une dispute de famille où personne ne veut baisser le ton.

Changement d'humeur, brusque mais assumé

Avec le Scherzo, je tourne la page d'un coup, et tu as peut-être du mal à croire que c'est le même compositeur qui vient d'écrire une marche funèbre. Nous voilà en ré majeur, avec des airs de Ländler et de valse, marqués « vigoureux, pas trop vite », et un cor solo si en vue qu'on demande souvent au musicien de venir se placer devant l'orchestre.

Une déclaration sans cuivres

Je commence l'Adagietto presque dans le silence, sur des notes très douces tenues par les cordes, en fa majeur et « très lentement ». Je n'y emploie que les cordes et la harpe, sans un seul cuivre pour venir tousser pendant la confidence, et selon l'histoire que l'on raconte, ce serait une lettre d'amour pour Alma, à qui je l'ai dédié.

Enfin on ouvre les fenêtres

Pour le Rondo-Finale, je reviens en ré majeur, d'abord Allegro puis Allegro giocoso, et l'on sent que quelqu'un a enfin le droit de sourire. J'y refais passer un peu de l'Adagietto et le choral du deuxième mouvement, et je m'amuse en contrepoint comme un cuisinier qui accommode les restes de la veille, mais avec beaucoup de métier.
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Voilà, nous voici au bout de ce petit parcours à travers ma Cinquième Symphonie. Est-ce que tu as pris plaisir à découvrir les plus beaux moments de la Symphony No 5 ? J'espère qu'ils t'ont donné envie de réécouter l'œuvre d'une oreille un peu différente. Pourtant, nous n'avons fait que passer devant bien des portes. Il y a l'histoire de sa naissance, entre 1901 et 1902, après une grave hémorragie et l'année de mon mariage avec Alma Schindler. Il y a aussi la création de 1904 à Cologne, que le public n'a pas comprise, et mes retouches d'orchestration, que j'ai poursuivies jusqu'en 1911. Il y a enfin le finale, où mon goût retrouvé pour Bach et le contrepoint se donne vraiment libre cours. Quant à l'Adagietto, on raconte qu'il serait une lettre d'amour à Alma, mais ce n'est qu'une histoire, et je te laisse décider ce que tu veux y entendre. Si la curiosité te démange, clique sur les liens proposés ci-dessous pour poursuivre ton exploration de la Symphony No 5. Prends ton temps, car cette musique n'a pas fini de te réserver des surprises. Et la prochaine fois que tu l'écouteras, tu y découvriras sans doute quelque chose que tu n'avais pas remarqué.