Au galop avec Ride of the Valkyries de Wagner
Le guide d'écoute

Ride of the Valkyries, WWV 86B

Wagner présente un guide d'écoute de l'œuvre « Ride of the Valkyries »
Je suis Richard Wagner, et voici le guide d'écoute de Ride of the Valkyries. Tu vas entendre comment cette chevauchée occupe environ huit minutes dans l'opéra, mais peut tenir en trois minutes au concert, sans rien perdre de son élan. Sur ce site, mes confrères et moi t'apprenons à reconnaître nos pièces dès que tu les entends, alors  teste-toi avec l'entraînement  !
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Mode d'emploi pour oreilles débutantes

Pas besoin de connaître la musique classique pour écouter Ride of the Valkyries : il suffit de repérer ce qui s'ajoute peu à peu. Tends d'abord l'oreille vers le piccolo et les flûtes, qui lancent des éclats aigus au-dessus de l'ensemble. Plus bas, les cuivres, c'est-à-dire les cors, les trompettes et les trombones, donnent à la grande mélodie un son large et brillant, pendant que les timbales font gronder le sol. Et garde aussi une oreille pour les voix, parce que ce morceau n'est pas purement orchestral : les Valkyries y chantent.

Un titre qui n'a pas besoin de notice

Dès ma première esquisse, j'ai appelé cette mélodie Walkürenritt, un mot allemand qui dit à la lettre la course des Valkyries. On trouve aussi Ritt der Walküren, mais l'image ne change pas : des sœurs de Brünnhilde qui galopent. Ce n'est pas un titre de salle de concert, puisque je n'ai pas écrit ce morceau pour y être joué : il ouvre la première scène du troisième acte de Die Walküre, le deuxième des quatre drames du Ring. Le nom annonce donc exactement ce que tu entends, et c'est un vrai confort de tomber sur un titre qui ne cache rien.

Une forme qui obéit au décor

Choisir la forme de Ride of the Valkyries a été une aventure à part entière. Je ne vais pas te coller une étiquette savante, ni sonate ni rondo, parce que c'est la scène qui commande l'ordre des choses. Dans l'opéra, le morceau dure environ huit minutes, et je le conduis en quatre étapes qui coulent l'une dans l'autre. Je ne fais que les survoler ici, puis je les reprends une à une dans les paragraphes qui suivent, alors accroche-toi, l'exploration promet d'être belle.

Section 1 : Le grondement qui prend son élan

Tout commence par un accompagnement qui se construit couche après couche, avant même que tu voies quoi que ce soit. Le rideau est encore baissé, donc c'est ton oreille seule qui fait le travail, et je la mets en appétit. L'allure est vive et la tension monte sans jamais retomber, comme un orage qui s'approche sans se presser. Je veux que tu sentes cette attente grandir, parce que tout ce qui vient après en tire sa force.

Section 2 : Le rideau se lève sur les invitées

Ensuite le rideau se lève, et l'humeur change : l'attente laisse place à l'image d'un sommet de montagne. Quatre Valkyries y sont déjà rassemblées, et les quatre autres les rejoignent, un peu comme des invitées qui arrivent à la file pour une fête qui promet du bruit. À chaque arrivée, l'énergie de la musique semble redoubler, et la scène se remplit autant que l'orchestre. Tu passes ainsi d'une musique qu'on devine à une musique qu'on voit, et c'est le premier grand virage du morceau.

Section 3 : L'orchestre chante, les voix crient

Voici le moment que tu reconnaîtras sans doute même si tu n'as jamais mis les pieds à l'opéra : la grande mélodie s'installe en plein. L'orchestre la porte, et par-dessus, les Valkyries lancent leur cri de guerre d'une voix pleine et sans la moindre hésitation. C'est d'ailleurs un cas rare dans les trois premiers opéras du Ring, car, hormis le chant des filles du Rhin dans Das Rheingold, je n'y ai écrit aucun autre morceau d'ensemble. L'ambiance est celle d'une joie farouche, où chacun a l'air d'avoir hâte de partir au galop.

Section 4 : Brünnhilde glisse son mot

Dans cette dernière étape, je fais entendre en même temps le thème des Valkyries et le cri de guerre de Brünnhilde, déjà lancé au deuxième acte. Deux idées que tu connaissais séparément se superposent, et l'effet d'ensemble devient plus dense, plus large, presque trop grand pour la scène. Je n'ai pas besoin de te parler de tonalités pour que tu perçoives cette poussée finale : ton oreille la sent toute seule. Au concert, on joue parfois le morceau en trois minutes seulement, et tu comprends alors qu'on y perd une partie du chemin.

À toi de monter en selle

Je te laisse maintenant vivre Ride of the Valkyries par toi-même. Lance la lecture et laisse la musique t'envahir sans chercher à tout comprendre. En route, rappelle-toi ce dont nous avons parlé : les couches qui s'empilent, le rideau qui se lève, les voix qui se mêlent à l'orchestre. J'espère que ce voyage au cœur de ma musique te fera vibrer autant que moi quand je l'ai composée.
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Voilà, tu as parcouru avec moi le guide d'écoute de Ride of the Valkyries. Est-ce que ça t'a plu de le découvrir de cette façon ? Je l'espère, car ce morceau garde bien plus de secrets qu'on ne l'imagine en l'écoutant une seule fois. Quand tu y reviendras, tu entendras peut-être autrement la mélodie qui monte peu à peu, ou le cri des Valkyries qui s'élance par-dessus l'orchestre. Il reste encore beaucoup de choses à explorer autour de Ride of the Valkyries : son histoire, ses grands moments, et la manière dont il a voyagé bien au-delà de l'opéra. Si l'envie te prend d'aller plus loin, clique sur les liens proposés ci-dessous pour poursuivre ton exploration de Ride of the Valkyries. Je te laisse écouter encore une fois, avec des oreilles un peu plus curieuses.