Gustav Holst
Compositeur

1874 – 1934

Portrait de Holst
Je suis Gustav Holst, compositeur anglais né à Cheltenham, et je suis content de t'accueillir ici. Je m'apprête à te raconter l'histoire de ma vie, avec ses détours, ses rencontres et ses musiques. Sur ce site, mes collègues compositeurs et moi t'apprenons aussi à reconnaître mes pièces dès qu'elles résonnent, alors  viens essayer l'entraînement  quand tu veux !
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Un nom allemand, un cœur anglais

Je suis né à Cheltenham, en Angleterre, en 1874, avec un nom à rallonge : Gustavus Theodore von Holst. J'ai fait mes classes à Cheltenham Grammar School, puis j'ai étudié la composition au Royal College of Music avec Charles Villiers Stanford. Mon rêve était de devenir pianiste, mais une névrite dans le bras droit a mis fin à cette idée, ce qui est assez gênant quand on veut jouer du piano. Je me suis donc rabattu sur le trombone, que j'ai joué comme professionnel, et j'ai appris à écouter un orchestre depuis le fond de la salle.

Du trombone aux étoiles de l'Inde

En 1901, j'ai épousé Isobel Harrison, et notre fille Imogen est arrivée en 1907. À cette époque, je me passionnais pour les textes sanskrits, au point d'en faire moi-même des traductions anglaises, dont des hymnes du Rig Veda. Cette passion a donné mon opéra Savitri, en 1908, qui m'a fait comprendre que je pouvais écrire une musique qui ne ressemblait à celle de personne. Ce n'était pas encore la gloire, mais c'était la première fois que je me sentais vraiment chez moi dans ce que je composais.

Londres, les écolières et le village de Thaxted

Pendant presque toute ma vie, j'ai travaillé à Londres, et pas dans un palais : j'étais directeur de la musique au St Paul's Girls' School à partir de 1905, et ce jusqu'à ma mort. J'ai aussi dirigé la musique au Morley College de 1907 à 1924, où j'enseignais à des adultes qui venaient chanter après leur journée de travail. Dans l'intervalle, j'ai trouvé un refuge à Thaxted, où j'ai lancé un festival de la Pentecôte en 1916 et où j'ai vécu de 1917 à 1925. Passer des salles de classe londoniennes à un village de campagne m'a appris que la musique se joue aussi bien chez les amateurs que chez les professionnels.

Sept planètes et un public de deux cent cinquante personnes

L'œuvre pour laquelle on me connaît le mieux, c'est The Planets, que j'ai écrite entre 1914 et 1916. Je n'y ai pas dessiné des dieux de la mythologie : je parlais de caractères inspirés par l'astrologie, et je les appelais des « tableaux d'humeur ». La toute première audition a eu lieu le 29 septembre 1918 au Queen's Hall, sous la direction d'Adrian Boult, devant environ deux cent cinquante invités seulement. Il a fallu attendre le 15 novembre 2020 moins un siècle, c'est-à-dire 1920, pour que le London Symphony Orchestra, dirigé par Albert Coates, la joue en entier devant le grand public.

Le « von » qui devait disparaître

Mon nom de famille me suivait comme une étiquette mal collée : avec ce « von », beaucoup de gens me prenaient pour un compositeur étranger. Selon ma fille Imogen, mon grand-père Matthias aurait emprunté ce « von » à un cousin pour attirer des élèves de piano, mais personne ne peut en être tout à fait sûr. En septembre 1918, en pleine guerre, j'ai fait supprimer ce « von » officiellement, par un acte légal. Vaughan Williams a plus tard cité H.M.S. Pinafore pour dire que je restais, malgré tout, un Anglais.

Les dernières années

Dans mes dernières années, j'ai continué à composer, avec notamment Egdon Heath en 1927, une pièce sombre et silencieuse qui est peut-être celle que je préfère. En 1932, l'université Harvard m'a proposé un poste de professeur pour les six premiers mois de l'année, après mes passages à l'université du Michigan pour enseigner et diriger. Ma santé, elle, a fini par me lâcher : je suis mort à Londres le 25 mai 1934, à 59 ans, d'une défaillance cardiaque après une opération d'un ulcère. Mes cendres reposent à la cathédrale de Chichester.

Ce que j'ai laissé derrière moi

Michael Tippett m'a succédé à la tête de la musique du Morley College, ce qui me fait plaisir quand j'y pense. Vaughan Williams a dit de moi que j'étais « la plus grande influence » sur sa musique, et je n'ai jamais rien reçu de plus beau. Un monument à ma mémoire a été dévoilé à Chichester le 27 septembre 2009, et en 2000, Colin Matthews a écrit un Pluto, the Renewer pour compléter The Planets. Ce n'est pas de moi, puisque Pluton n'a été découverte qu'en 1930, bien après que j'ai terminé mon travail, mais je trouve que l'idée est généreuse.

Ce que je voudrais te donner

Je voudrais que tu écoutes ma musique sans aucune préparation, comme on regarde le ciel un soir dégagé. Tu n'as pas besoin de connaître les noms des notes ou des instruments : il suffit de te laisser porter par l'humeur de chaque morceau. Si une page te semble inquiétante, mystérieuse ou paisible, c'est probablement ce que je voulais dire. Alors lance The Planets, installe-toi confortablement, et dis-moi ensuite ce que tu as ressenti.
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Alors, as-tu pris plaisir à parcourir ma vie avec moi ? Si l'envie te prend d'entendre ce que j'ai composé, tu trouveras sur ce site mon œuvre The Planets. Clique sur les liens ci-dessous pour t'y plonger à ton rythme.
The Planets
The Planets, Op. 32