Jupons en l'air avec le Can-Can (from Orpheus in the Underworld) d'Offenbach
Le guide d'écoute
Galop infernal

Je suis Jacques Offenbach, et voici le guide d'écoute du Can-Can (from Orpheus in the Underworld). Tu vas découvrir pourquoi mes dieux, que beaucoup prenaient pour une caricature de la cour de Napoléon III, ont pourtant amusé l'Empereur lui-même en 1860. Si l'envie te prend de savoir reconnaître mes morceaux et ceux de mes confrères dès les premières mesures, l'entraînement du site t'attend pour un premier essai.
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Tends l'oreille, pas le programme
Avant de lancer le Can-Can (from Orpheus in the Underworld), je te propose de ne rien chercher de savant et de simplement repérer qui joue quoi. Les cordes portent l'essentiel, et surtout les violons, qui courent sans reprendre leur souffle et donnent au morceau son élan. Au-dessus d'eux, les flûtes et le piccolo lancent des éclats aigus, les clarinettes arrondissent les angles, et les cornets avec le trombone posent des accents cuivrés sur les temps forts. Quand tu entends la timbale et les percussions marteler le rythme, tu tiens le moteur de la danse, et tout cela sortait en 1858 d'un orchestre d'environ trente musiciens, petit par le nombre mais pas par le bruit.Un titre à deux visages
Mon titre officiel est Galop infernal, et il dit déjà beaucoup : le galop est une danse rapide, et « infernal » vient du monde des dieux et des enfers où se passe mon opéra Orphée aux enfers. Le nom de Can-Can n'est pas de moi, il s'est attaché au morceau dans les années 1890, quand les salles de music-hall ont adopté cette musique pour leurs danseuses. À vrai dire, le galop est une autre sorte de danse que le can-can, et personne ne sait si mon spectacle de 1858 comportait déjà des danseuses de can-can. Mon opéra se moquait de la légende d'Orphée et Eurydice, et on raconte que j'avais envie de me venger des airs mythologiques pris très au sérieux à la Comédie-Française.Ni sonate ni rondo, plutôt un grand huit
Choisir la forme de ce morceau a été une vraie aventure, mais je n'ai pas cherché la sonate ni le rondo savant, puisqu'il s'agit du finale du deuxième acte et qu'il fallait que la salle s'embrase. J'ai donc enchaîné des épisodes courts, chacun avec son caractère, comme les wagons d'un train qui ne s'arrête dans aucune gare. Le morceau est en la majeur, une tonalité qu'il partage avec deux autres numéros de ce deuxième acte, et cela lui donne une couleur claire et franche. Je te présente quatre sections, et je te les raconte une par une dans les paragraphes qui suivent.Section 1 : Le coup de trompette avant la course
Le morceau s'ouvre sur une courte introduction vive, qui sert à prévenir tout le monde que la danse va commencer. Le tempo est déjà rapide, mais je garde encore un peu de réserve, comme un coureur qui ajuste ses chaussures sur la ligne de départ. Les vents et les cuivres y jouent des appels brefs et nets, pendant que les cordes préparent le terrain par petites touches. L'humeur est celle de l'attente joyeuse, et tu sens que quelque chose de bien plus grand se cache derrière.Section 2 : La mélodie que tout le monde connaît
Voici la tournure que tu fredonnes sans même savoir d'où elle vient, lancée par les violons sur un rythme qui avance sans relâche. Elle est taillée pour se retenir dès la première écoute, avec des notes qui sautillent et des phrases courtes qui se répondent. Le climat est franchement à la fête, et l'accompagnement reste simple pour que rien ne gêne cette mélodie. C'est ici que le morceau montre ce qu'il sait faire de mieux, c'est-à-dire donner envie de bouger.Section 3 : Une respiration, mais pas un repos
Après tant d'énergie, je change légèrement de couleur et laisse les instruments à vent prendre davantage la parole. La musique devient plus légère et plus chantante, comme si la troupe prenait le temps de sourire au public entre deux figures. Le rythme de fond ne se relâche pourtant jamais, et les cordes continuent de le battre sous les mélodies. Ce contraste est voulu, car il donne à l'oreille un peu d'air avant le grand retour de l'énergie.Section 4 : La course finale, sans frein
Les thèmes reviennent, et cette fois tout le monde joue plus fort, plus serré et avec plus de conviction. Les cuivres, les percussions et les cordes se rejoignent dans un grand élan qui monte jusqu'à la dernière note. Tu ressens alors l'effet que je cherchais pour fermer le deuxième acte de mon opéra, celui d'une salle entière emportée avec la musique. Quand tout s'arrête, le silence qui suit paraît presque étrange après un tel élan.À toi de jouer, et de tourner
Maintenant, je t'invite à découvrir par toi-même le Can-Can (from Orpheus in the Underworld). Appuie sur lecture et laisse-toi porter, sans te soucier de savoir si tu t'y connais ou non. Pendant que tu écoutes, repense à ce que nous avons vu : les violons qui courent, les vents qui sourient, les cuivres qui lancent les accents. J'espère que ce voyage dans mon Can-Can (from Orpheus in the Underworld) te donnera autant de plaisir qu'il m'en a donn é quand je l'ai écrit.---
Voilà, le Can-Can (from Orpheus in the Underworld) n'a plus beaucoup de secrets pour toi, et j'espère que tu as pris plaisir à le parcourir avec moi. Si tu l'as aimé, je te propose de le réécouter une dernière fois, en repensant aux violons qui courent et aux percussions qui martèlent. Tu verras que ce galop, qui a connu tant de vies depuis 1858, garde son élan intact. Et pourtant, il reste encore beaucoup à découvrir autour de ce morceau. On peut par exemple s'intéresser aux deux versions de mon opéra, celle de 1858 et celle de 1874, que certaines éditions modernes traitent comme deux œuvres distinctes. Clique sur les liens proposés pour poursuivre ton exploration du Can-Can (from Orpheus in the Underworld), à ton rythme, comme tu veux. Et la prochaine fois que tu entendras ce galop, quelque part, sans l'avoir prévu, je serai heureux que tu souries en le reconnaissant.
