Jupons en l'air avec le Can-Can (from Orpheus in the Underworld) d'Offenbach
Les coulisses

Galop infernal

Offenbach raconte les coulisses de l'œuvre « Can-Can (from Orpheus in the Underworld) »
Je suis Jacques Offenbach, et voici l'histoire du Can-Can (from Orpheus in the Underworld). Tu vas découvrir comment un critique indigné, qui criait au blasphème contre mon opéra, a fini par remplir la salle au lieu de la vider, jusqu'à 228 représentations. Sur ce site, mes confrères compositeurs et moi t'apprenons aussi à reconnaître nos morceaux dès qu'ils retentissent, alors  essaie l'entraînement  quand l'envie te prend.
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Un petit théâtre pour de grandes idées

Je suis né à Cologne en 1819, mais c'est à Paris que j'ai bâti ma carrière. En juillet 1855, ma troupe ouvre les Bouffes-Parisiens dans une petite salle des Champs-Élysées. Trois cents personnes y tiennent au maximum, et encore, en se serrant un peu. C'est dans ce lieu minuscule que se prépare, trois ans plus tard, l'œuvre qui va me rendre célèbre.

Enfin le droit d'être nombreux

En 1858, les limites qui fixaient le nombre d'artistes autorisés sur scène sont levées. Jusque-là, la règle m'obligeait à garder mes distributions bien minces. Je peux enfin écrire ma première grande opérette, Orphée aux enfers. J'y place vingt rôles principaux, et je t'avoue que je n'ai pas cherché à me modérer.

Une vengeance en musique

On raconte que j'avais gardé en travers de la gorge les grands airs de la mythologie que j'avais dû subir à la Comédie-Française. Alors j'ai pris la légende d'Orphée et d'Eurydice, si respectable, et j'en ai fait une farce. Les dieux de l'Olympe y deviennent des personnages bavards, jaloux et plutôt ridicules. Je te le confie entre nous : écrire cette parodie m'a fait beaucoup de bien.

Une première soirée à la salle Choiseul

La première a lieu le 21 octobre 1858, sur la scène des Bouffes-Parisiens. J'ai alors trente-neuf ans, et je ne dors sans doute pas beaucoup cette nuit-là. Mon orchestre est petit, une trentaine de musiciens seulement, avec des flûtes, des cornets et un trombone. Pourtant il fait autant de bruit qu'une grande formation, et c'est justement ce qui amuse le public.

Le feu d'artifice du deuxième acte

Le Galop infernal termine le deuxième acte de la version de 1858. Il est écrit en la majeur, une tonalité claire et brillante qui donne tout de suite envie de bouger. Il n'a même pas de numéro d'opus à lui : c'est simplement un morceau de l'opéra, le numéro 15b de l'acte II. Mais ce morceau sans titre officiel de gloire fait lever la salle comme aucun autre.

Un scandale qui remplit la salle

Le critique Jules Janin se déchaîne contre mon opéra, qu'il trouve irrespectueux et même blasphématoire. Ce qu'il ne prévoit pas, c'est que sa colère va donner envie à tout Paris d'aller voir de quoi il s'agit. La série atteint 228 représentations, alors qu'on parlait déjà de succès à cent soirées. Je n'ai jamais eu de meilleure publicité qu'un article furieux.

Les dieux ressemblent à des gens de cour

Beaucoup de spectateurs reconnaissent dans le comportement des dieux une moquerie à peine voilée de la cour de Napoléon III. L'Empereur, lui, ne s'en offusque pas et assiste à une représentation de commande en 1860. La même année, au début de 1860, il m'accorde en personne la nationalité française. Se faire naturaliser par celui dont on s'est un peu moqué, avoue que ce n'est pas banal.

Le galop n'a pas commencé en can-can

Voilà un point que beaucoup ignorent : à l'origine, un galop est un autre genre de danse que le can-can. Le rapprochement est venu plus tard, à force d'habitude, et il est resté dans toutes les têtes. Je ne peux même pas t'affirmer qu'on dansait un can-can sur scène en 1858 : personne n'en est certain. Ma musique a simplement trouvé, bien après moi, les jambes qui lui convenaient.

Une ouverture qui n'est pas de moi

Autre surprise : la célèbre ouverture d'Orphée aux enfers n'est pas de ma main. C'est Carl Binder qui l'a arrangée pour la production de Vienne, en 1860. Il a rassemblé de jolis thèmes de mon opéra, et le résultat a si bien plu qu'on l'attribue sans réfléchir à son auteur supposé. Je ne lui en veux pas, mais je tiens à rendre à chacun ce qui lui revient.

Une seconde vie en 1874

En 1874, je reprends l'ouvrage dans une version en quatre actes, où le galop se retrouve dans le quatrième. Cette fois, on voit les choses en grand : environ soixante musiciens, auxquels s'ajoute une fanfare militaire de quarante exécutants. Au théâtre de la Gaîté, cette nouvelle version tient l'affiche pendant 290 représentations. Voilà comment un petit galop, lancé dans une salle de trois cents places, a fini par faire courir les foules.
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Voilà, tu connais maintenant l'histoire du Can-Can, de ce petit théâtre des Champs-Élysées jusqu'aux scènes où l'on danse encore sur mon galop. Est-ce que tu as aimé découvrir les coulisses du Can-Can (from Orpheus in the Underworld) ? Je l'espère, car il reste encore beaucoup à explorer autour de cette musique. On peut s'intéresser à la façon dont elle sonne quand on l'écoute de près, ou à la manière dont d'autres compositeurs s'en sont amusés. Si l'envie te prend d'aller plus loin, clique sur les liens proposés pour poursuivre ta découverte du Can-Can (from Orpheus in the Underworld). Et la prochaine fois que ce galop te surprendra au détour d'une publicité ou d'un film, tu sauras d'où il vient.