Mille et une nuits avec le Scheherazade de Rimsky-Korsakov
Les plus beaux moments

Scheherazade, Op. 35

Rimsky-Korsakov présente les plus beaux moments de l'œuvre « Scheherazade »
Je suis Rimsky-Korsakov, et je te présente ici les plus beaux moments de Scheherazade. Tu vas entendre comment, durant l'été 1888, j'ai fait raconter les Mille et Une Nuits à tout un orchestre, avec des couleurs d'instruments qui rendent chaque scène presque visible. Sur ce site, mes confrères compositeurs et moi t'apprenons aussi à reconnaître nos œuvres dès les premières notes, alors viens  tenter l'entraînement  quand tu veux.
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Un sultan qui n'a pas l'air de plaisanter

Je commence Scheherazade par une phrase grave et autoritaire aux basses, c'est le motif du sultan Shahriar, et elle n'a l'air de demander la permission à personne. Ensuite viennent des accords très doux aux bois, puis le violon solo accompagné de la harpe, qui n'est autre que Scheherazade en train de raconter, et tu comprends vite qu'elle sait comment parler à un homme de mauvaise humeur.

Un basson qui soupire, un trombone qui s'invite

Je laisse d'abord le basson seul chanter une mélodie plaintive au-dessus des basses, un peu comme quelqu'un qui soupire devant une pile de courrier. Puis un trombone coupe la parole sans prévenir et lance une danse vive, et le prince Kalendar de ce conte, dont on ne sait d'ailleurs pas très bien lequel c'est, n'a plus qu'à suivre le mouvement.

Ici, personne ne fait naufrage

Je te l'avoue sans détour : ce mouvement est le plus simple des quatre, et il repose sur une mélodie d'amour chaleureuse qui se balance doucement. Pas de sultan menaçant au premier plan, juste deux jeunes gens et une danse un peu plus vive au milieu, ce qui fait du bien à l'oreille avant le grand finale.

Tout Bagdad court vers le buffet

Je lance le Festival at Baghdad sur un tempo Allegro molto, et si tu as l'impression que toute la ville se dépêche d'arriver à la fête, tu n'es pas très loin de la vérité. Au fil du mouvement je ramène des thèmes entendus plus tôt, comme des invités qu'on recroise de salle en salle, avant de terminer sur une coda paisible.
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Voilà, nous sommes arrivés au bout de ce petit voyage, et je me demande si tu as aimé découvrir les meilleurs moments de Scheherazade. Quand j'écris cette musique, pendant l'été 1888, je ne cherche pas à enfermer qui que ce soit dans une histoire précise. D'ailleurs, dans une édition ultérieure, je retire les titres des mouvements, parce que je préfère que tu entendes simplement un conte symphonique à la couleur orientale, et que tu y mettes tes propres images. C'est peut-être ce qu'il y a de plus beau dans cette œuvre : le violon de Scheherazade continue de murmurer, et chaque écoute laisse imaginer un récit un peu différent. Il reste d'ailleurs bien d'autres aspects de Scheherazade à explorer, de la naissance de la partition jusqu'au ballet qu'elle a inspiré à Paris. Tu peux cliquer sur les liens proposés pour poursuivre ta découverte de Scheherazade, et je te souhaite d'y trouver encore de nouvelles histoires.

Enregistrement : San Francisco Symphony Orchestra, Pierre Monteux, CC0