Un voyage interplanétaire avec The Planets de Holst
IV. Jupiter, the Bringer of Jollity

The Planets, Op. 32

Holst présente un guide d'écoute du morceau « IV. Jupiter, the Bringer of Jollity », tiré de l'œuvre « The Planets »
Je suis Gustav Holst, et je vais t'expliquer le quatrième mouvement de ma suite, IV. Jupiter, the Bringer of Jollity. Tu vas entendre un début allègre et sautillant, puis une large mélodie qui prend soudain son temps, deux fois moins vite, et cette respiration au milieu de la fête vaut vraiment le détour. Sur ce site, mes confrères et moi t'apprenons aussi à reconnaître nos pièces dès qu'elles résonnent, et tu peux  tester l'entraînement  dès maintenant.
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Où poser tes oreilles pendant que ça tourbillonne

Pour écouter Jupiter, je te propose de ne pas chercher à tout suivre, mais de te laisser porter par l'élan de l'orchestre entier. Repère d'abord les cordes, qui lancent des figures vives et sautillantes, comme des gens qui se mettent à danser sur une place avant même que la musique ait vraiment commencé. Écoute ensuite les cuivres, qui viennent donner de la carrure et de la chaleur, surtout quand une grande mélodie se déploie au milieu du morceau. Si tu te perds, reviens simplement au pouls de la musique, parce que tout le mouvement repose sur cette énergie joyeuse qui ne s'éteint presque jamais.

Un titre qui promet de la joie, et qui tient parole

Quand j'ai écrit The Planets, mon point de départ n'était ni l'astronomie ni la mythologie, mais l'astrologie. Chaque planète m'intéressait donc pour le caractère qu'on lui prête, et pour Jupiter j'ai voulu une joie large, généreuse, qui déborde de partout. D'où le sous-titre, Bringer of Jollity : je voulais une gaieté qui ne soit pas timide, mais franche, un peu bruyante, et partagée avec tout le monde. Tu remarqueras aussi que mes sept mouvements ne suivent pas l'ordre des planètes à partir du Soleil, car je les ai rangés selon ce qui fonctionne le mieux en musique.

Une forme en sandwich, avec une garniture surprise

Pour la forme, je n'ai pas choisi une sonate ni un rondo, mais quelque chose de plus simple à saisir : un grand A-B-A, c'est-à-dire un début, un milieu qui change tout, puis un retour. Le début est rapide et joyeux, le milieu est plus lent et solennel, et la fin reprend les idées du début en leur ajoutant ce qu'on a entendu entre-temps. Je découpe le mouvement en quatre sections, que je vais te raconter une par une pour que tu voies comment elles s'enchaînent. Retiens seulement qu'il s'agit d'un voyage avec un aller, une pause émue au milieu, et un retour en grande pompe.

Section 1 : Le départ au galop

Le mouvement s'ouvre sur un Allegro giocoso à deux temps, ce qui veut dire « vite et avec bonne humeur ». Les motifs rebondissent d'un groupe d'instruments à l'autre, sans qu'aucun ait le temps de s'installer, et l'impression générale est celle d'une fête qui démarre. Je ne te parle pas ici de tonalités, parce que tu n'as pas besoin de les reconnaître : il suffit de sentir que l'énergie ne retombe pas. C'est l'ambiance de départ, et elle sert à planter le décor pour tout ce qui va suivre.

Section 2 : On change de pas sans prévenir

Vient ensuite un deuxième thème, cette fois à trois temps, qui donne à la musique une allure plus balancée, presque comme un tour de valse un peu rustique. Le passage de deux à trois temps change la façon dont tu ressens le pouls, et tu as alors l'impression que le sol se met à tanguer agréablement. L'humeur reste joyeuse, mais elle devient plus ample et plus chantante, comme si la foule se mettait à fredonner. Garde cette sensation en tête, parce qu'elle prépare le grand ralentissement qui arrive juste après.

Section 3 : Le grand ralentissement, la main sur le cœur

Au milieu, le tempo tombe à un Andante maestoso à trois temps, à la moitié de la vitesse du début, et toute l'agitation cède la place à une mélodie large et noble. C'est le moment où je voulais que l'on entende quelque chose de plus profond que la simple bonne humeur, une joie qui se recueille un instant. Cette mélodie est devenue en 1921 l'hymne « Thaxted », chanté sur « I Vow to Thee, My Country », même si ma fille Imogen trouvait que cette association abîmait un peu le mouvement. Je dois avouer que cette réussite m'a surpris, moi qui n'aimais pas que l'on joue un mouvement seul, séparé du reste de la suite.

Section 4 : Le retour de la fête, avec les honneurs

Après la pause solennelle, le début du mouvement revient, vif et sautillant, comme si la fête n'avait fait que reprendre son souffle. Puis la grande mélodie du milieu revient elle aussi, et cette fois elle se mêle à l'élan général au lieu de rester à part. Tu entends alors tout ce que tu as rencontré réuni dans un même élan, avec une montée de plus en plus puissante. Le mouvement se termine sur un accord en triple forte, c'est-à-dire aussi fort que l'orchestre sait jouer, et je ne connais pas de meilleure façon de fermer la porte d'une fête.

À toi de jouer, et de te laisser emporter

Maintenant, je t'invite à vivre Jupiter, the Bringer of Jollity par toi-même : appuie sur lecture et laisse la musique t'envelopper. Pendant que tu écoutes, repense à ce que nous venons de voir : le départ vif, le pas à trois temps, la pause solennelle, puis le retour triomphal. Tu n'as pas besoin de tout reconnaître du premier coup, il suffit de te laisser guider par l'élan. J'espère que ce voyage à travers mon Jupiter te plaira autant qu'il m'a enthousiasmé quand je l'ai composé !
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Voilà, tu viens de parcourir le Jupiter, the Bringer of Jollity de The Planets avec moi, et je me demande si ce guide d'écoute t'a plu. Quand la grande mélodie du milieu s'éloigne, il reste cette bonne humeur large et généreuse, et j'espère que tu l'emportes avec toi. Cette suite a encore beaucoup à t'offrir, car chaque mouvement a son caractère, sa couleur et ses petits secrets que tu n'as pas encore tous entendus. Si l'envie te prend d'aller plus loin, clique sur les liens proposés pour continuer ton exploration de The Planets. Prends ton temps, réécoute, et laisse la musique te surprendre autrement à chaque fois.