Sous le sapin avec le Nutcracker de Tchaikovsky
L'intrigue en bref

The Nutcracker, Op. 71, ballet in two acts (1892)

Tchaikovsky résume l'intrigue de l'œuvre « Nutcracker »
Je suis Tchaikovsky, et voici le résumé de l'histoire de mon Nutcracker. Tu vas suivre Clara, de la poupée reçue un soir de Noël jusqu'au Land of Sweets, en passant par un combat contre le Mouse King à sept têtes. Saurais-tu reconnaître nos morceaux au vol ? Mes collègues compositeurs et moi te l'apprenons sur ce site, alors  teste l'entraînement  !
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Un casse-noisette, des souris et un royaume en sucre

Je suis Tchaikovsky, et je te raconte The Nutcracker comme on raconte une série dont on ne voudrait manquer aucun épisode. Tout commence un soir de Noël, dans une maison pleine de lumière, avec un cadeau qui a l'air bien modeste. Très vite, ce cadeau entraîne une bataille contre une armée de souris, puis un voyage dans un pays où tout est friandise. Garde ton souffle, car il y a de la peur, de la tendresse et un peu de magie à chaque détour.

Une commande qui change tout

L'aventure démarre quand Ivan Vsevolozhsky, le directeur des Théâtres impériaux, me confie un nouveau ballet après le succès de The Sleeping Beauty. L'histoire vient d'un conte d'E. T. A. Hoffmann paru en 1816, « The Nutcracker and the Mouse King », que je connais par l'adaptation d'Alexandre Dumas. Ce n'est pas moi qui ai écrit le livret : il est de Vsevolozhsky et de Marius Petipa, et moi, je mets les notes sur leur récit. Je me mets au travail en février 1891, et au début de mars la moitié du premier acte est déjà écrite.

Clara, l'héroïne qui n'a pas froid aux yeux

Clara est la jeune fille autour de qui tout tourne, et c'est par ses yeux que tu découvres l'histoire. Elle reçoit un casse-noisette en cadeau la veille de Noël, et elle s'attache tout de suite à ce drôle de soldat de bois. Son courage se voit au moment le plus dangereux, quand elle n'hésite pas à intervenir pour le défendre. À la première, c'est Stanislava Belinskaya, une enfant de 12 ans, qui danse ce rôle, ce qui était un choix très audacieux pour l'époque.

Le Nutcracker, soldat de bois et prince secret

Le Nutcracker est d'abord une simple poupée, et personne ne soupçonne ce qu'elle cache. Pendant la nuit, il prend vie et se met à la tête des jouets pour affronter l'armée des souris. Son but est de protéger Clara, et c'est en la protégeant qu'il se transforme en prince. Au premier soir, Sergei Legat, 17 ans, dansait ce rôle de Nutcracker-Prince.

Drosselmeyer, le parrain qui arrive avec un secret

Drosselmeyer est le parrain de Clara, et c'est lui qui apporte le fameux casse-noisette à la maison Silberhaus. Il est le personnage qui met tout en mouvement, car sans son cadeau il n'y aurait ni bataille ni voyage. Je le vois comme un faiseur de merveilles, qui offre un jouet et laisse la magie faire le reste. Si tu te demandes qui tire les ficelles de cette histoire, tourne-toi vers lui.

Le Mouse King, sept têtes et une seule idée fixe

Le Mouse King est le méchant de l'histoire, un roi des souris à sept têtes qui mène son armée à l'assaut de la maison. Son armée envahit la maison, et il en a les moyens avec tous ces soldats derrière lui. Il ne se laisse pas battre aussi simplement qu'on pourrait le croire, car il faut un double coup pour en venir à bout. Sans lui, la nuit de Noël resterait paisible, mais l'histoire serait bien moins passionnante.

La Sugar Plum Fairy et le Prince Coqueluche, souverains du sucre

La Sugar Plum Fairy règne sur le Land of Sweets, que j'appelle Confituremburg, et elle accueille Clara comme une invitée de marque. À ses côtés se trouve le Prince Coqueluche, avec qui elle forme le couple du grand pas de deux. Leur rôle est de célébrer l'arrivée de Clara et de son prince, et ils le font avec toute la grâce possible. À la première, Antonietta Dell'Era dansait la fée et Pavel Gerdt le prince.

Acte I : une veillée de Noël pas comme les autres

Au début de l'acte I, la veille de Noël, Clara reçoit son casse-noisette de la main de son parrain Drosselmeyer. Le décor est joyeux et l'ambiance est à la fête, ce qui rend la suite encore plus surprenante. Je pose cette atmosphère chaleureuse dès le début, avec la March des soldats de jouet qui arrive juste après l'ouverture et la scène de l'arbre de Noël. Une fois la maison endormie, le décor bascule, et c'est là que commence la vraie aventure.

Acte I : la bataille de la nuit

Cette nuit-là, une armée de souris envahit la maison, menée par le Mouse King aux sept têtes. Le Nutcracker et les jouets prennent vie pour leur faire face, et la pièce devient un champ de bataille miniature. Au moment décisif, Clara frappe le Mouse King avec sa pantoufle, puis le Nutcracker l'achève. Le soldat de bois devient alors un prince, et je ne te dis pas que le voyage commence à peine.

Acte II : direction le Land of Sweets

Dans l'acte II, le Nutcracker-Prince emmène Clara dans un royaume magique, le Land of Sweets. Elle y est reçue par la Sugar Plum Fairy et le Prince Coqueluche, comme une héroïne qu'on attendait depuis longtemps. Quand je pense à cette fée, j'entends le célesta, cet instrument à clavier dont les marteaux frappent de petites plaques de métal. Je l'avais fait venir de Paris en 1891, et son timbre doux et scintillant donne à la Dance of the Sugar Plum Fairy tout son caractère.

Acte II : la fête et le couronnement

Pour honorer Clara, les friandises et les fleurs se mettent à danser les unes après les autres. Il y a le chocolat espagnol, le café arabe, le thé chinois, le Trepak russe, Mother Ginger et ses Polichinelles, puis la Dance of the Reed Pipes et enfin le Waltz of the Flowers. Le grand pas de deux arrive en point d'orgue, et Clara et son prince sont couronnés roi et reine de Confituremburg. Tout finit en beauté, avec un royaume entier qui célèbre une jeune fille venue d'une simple soirée de Noël.

Une première qui n'a pas tout de suite fait l'unanimité

Le ballet est créé en décembre 1892 au Mariinsky Theatre de Saint-Pétersbourg, dans une soirée où l'on joue aussi mon opéra Iolanta. Petipa, malade, s'était retiré en août, et c'est Lev Ivanov qui a réglé la chorégraphie. L'accueil a été mitigé, voire mauvais : un critique a écrit que The Nutcracker ne pouvait « en aucun cas être appelé un ballet », et moi-même j'ai noté que le public semblait s'ennuyer. La musique, elle, a eu meilleure presse, et ma suite, jouée en mars 1892, avait déjà été un grand succès avant la création du ballet.
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Le soir du 18 décembre 1892, au Mariinsky de Saint-Pétersbourg, le public s'est montré bien réservé. J'ai même écrit qu'il semblait s'ennuyer, malgré toute la richesse de la mise en scène. Pourtant, l'histoire de Clara, de son casse-noisette et du royaume des sucreries a fini par faire son chemin, et je trouve cela réconfortant quand j'y repense. Une première soirée tiède n'empêche pas une œuvre de trouver, un jour, ses vrais auditeurs. Alors, as-tu aimé découvrir l'histoire de mon Nutcracker ? J'espère que Clara, le Mouse King et Confituremburg t'ont donné envie de les retrouver. Il reste d'ailleurs bien des choses à explorer autour de cette musique. Tu peux t'intéresser à la suite que j'ai présentée avant même le ballet, au célesta que j'ai fait venir de Paris, ou encore à la Waltz of the Snowflakes, qui a été le grand succès de la première. Chacun de ces détails éclaire l'œuvre sous un angle un peu différent. Je t'invite donc à cliquer sur les liens qui accompagnent ce texte pour poursuivre ta découverte du Nutcracker. Prends ton temps, écoute avec curiosité, et reviens quand l'envie te prend.